Pierre C. · 16 juillet 2026

Bercy l'a confirmé le 15 juillet 2026 : le taux du Livret A passera de 1,5 % à 1,7 % à compter du 1er août 2026, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. Le LDDS suit la même trajectoire. Le LEP, lui, reste stable à 2,5 %, grâce à un « coup de pouce » gouvernemental, alors que la formule stricte aurait dû le ramener à 2,2 %.
À première vue, c'est une bonne nouvelle pour les 58 millions de détenteurs de Livret A. Mais il faut regarder les chiffres de plus près.
Une hausse dictée par le retour de l'inflation
Cette revalorisation n'est pas un cadeau : elle découle mécaniquement de la formule de calcul, qui intègre l'inflation hors tabac et le taux interbancaire €STR. Or l'inflation est repartie à la hausse ce printemps, notamment sous l'effet des tensions sur les prix de l'énergie liées au conflit au Moyen-Orient. Selon l'Insee, elle s'est établie à 2,4 % en mai 2026.
Le vrai problème : un rendement réel toujours négatif
C'est là que le bât blesse. Avec une inflation supérieure au nouveau taux de 1,7 %, le rendement réel du Livret A reste négatif. Autrement dit, l'épargnant continue de perdre du pouvoir d'achat en laissant son argent dormir sur ce livret, même après la hausse. Certaines projections évoquaient un taux possible à 2 %, ce qui n'aurait de toute façon pas suffi à repasser en territoire positif.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le Livret A et le LDDS ont enregistré plus de 5,6 milliards d'euros de décollecte entre janvier et mai 2026 : les épargnants avaient déjà pris acte de l'insuffisance du rendement face à la vie chère.
Ce qu'il faut en retenir
Le Livret A demeure un outil précieux pour l'épargne de précaution, disponible et sans risque. Mais il ne doit pas être confondu avec un placement de valorisation. Pour un projet à moyen ou long terme (achat immobilier, retraite, création d'entreprise), s'en remettre uniquement au Livret A revient à accepter, année après année, une érosion silencieuse de son capital.
Un point avec votre conseiller peut aider à arbitrer entre épargne de précaution et supports plus adaptés à vos objectifs patrimoniaux.
Pierre C.
Conseiller en gestion de patrimoine — PC INVEST360
Ancien officier de l'armée de l'air devenu CGP indépendant. CIF enregistré à l'ORIAS.